Gaëlle Boissonnard, un peu plus loin...

Gaëlle Boissonnard, un peu plus loin...

Elles

Tenter de direPosté par gaëlle boissonnard 26 avril, 2017 13:52:05

Une maison d’édition,
une autre,
cartes postales et papeterie,
une première rencontre,
et puis quelque quatre-cents images.

Un trajet.

Avant l’image,
imprimée, découpée, publiée, exposée sur son tourniquet ,
il y a la peinture qui prend vie dans l’ombre de l’atelier.
Et si la carte ne peut exister sans la peinture qui l’a initiée,
celle-ci continue de vivre bien au-delà des collections épuisées.

En voici quelques-unes,
extraites de ce bout de parcours,
de cette tribu de femmes qui depuis seize ans m’accompagnent.

Comme moi, elles ont fait leur chemin depuis toutes ces années,
elles se sont transformées,
ont habité autrement l’espace à la fois étriqué et sans limites qui est le leur.

Femmes,
dans un premier temps presque asexuées,
elles se sont épanouies dans la couleur qui leur tenait lieu de paysage et
d’air à respirer.
Il m’a fallu plusieurs années pour accepter l’idée qu’elles pouvaient me ressembler,
et qu’inévitablement, elles suivaient mon trajet.


Ainsi elles ont grandi, se sont épanouies, féminisées.

Parfois se sont armées de ces piques d’Amazones
qui disent ce que les femmes,
pour pouvoir simplement vivre,
doivent sans cesse inventer.

Malgré cela, elles ont poussé bien au-delà de moi.

Si elles ont, au fil de ces années, suscité tant d’écho chez d’autres femmes,
c’est peut-être que jamais elles n’ont imité les modèles
qui nous sont imposés.


Je n’ai jamais cherché à dire (sinon ce qu’une carte postale doit dire)
au travers de ces femmes,
jamais revendiqué, jamais crié.
C’est un aveu, elles n’étaient pas là pour ça.

Pourtant, en rejoignant une à une la petite communauté qui peuple
mes cartons à dessins, elles se sont emparées de ce qui gronde en moi,
d’une conscience vive,
et, ensemble, se sont affirmées.

Elles disent sans mots ce qu’est une femme,
et son droit, ici, à exister.
Sans peur, sans être abimée, minimisée, abusée, dominée, utilisée,
écrasée par ceux qui la craignent et l’aiment à la fois.


Parées, colorées, légères oui, mais jamais frivoles,
elles disent que beauté, profondeur et gravité peuvent s’unir pour parler.



Les quatre premiers visuels ont été édités par Correspondances entre 2001 et 2009, les deux derniers par Aquarupella, en 2017.