Gaëlle Boissonnard, un peu plus loin...

Gaëlle Boissonnard, un peu plus loin...

Ah...

Tenter de direPosté par gaëlle boissonnard 16 mai, 2017 18:04:10
Quelque chose que je dois dire ici,
mais souvent j'oublie.

À cet instant j'y pense, c'est donc que c'est le moment.

Il y a ce truc qui s'appelle Facebook et qui, semble-t-il, sert à communiquer.

Je ne m'y retrouve pas, je n'ai donc jamais créé à mon nom quelque compte que ce soit,
je tente de mon mieux de me tenir loin des GAFA.

Mais voilà, dans ce truc-là, n'importe qui peut s'emparer de mon nom, de mes images,
et peut-être avec la meilleure intention du monde
(mais la meilleure intention n'est hélas, pas toujours réfléchie, il faut parfois faire usage de ce qui nous sert de machine à penser...)
créer une page, un compte ou un je ne sais quoi, qui usurpe mon identité
mais n'est pas moi.

C'est fait, en deux exemplaires, depuis quelques années déjà.

Très compliqué de faire fermer ces machins-là.


Donc, si d'aventure vous passez par là-bas,
ne frappez pas.
Si je ne vous réponds pas c'est que je n'y habite pas.

Elles

Tenter de direPosté par gaëlle boissonnard 26 avril, 2017 13:52:05

Une maison d’édition,
une autre,
cartes postales et papeterie,
une première rencontre,
et puis quelque quatre-cents images.

Un trajet.

Avant l’image,
imprimée, découpée, publiée, exposée sur son tourniquet ,
il y a la peinture qui prend vie dans l’ombre de l’atelier.
Et si la carte ne peut exister sans la peinture qui l’a initiée,
celle-ci continue de vivre bien au-delà des collections épuisées.

En voici quelques-unes,
extraites de ce bout de parcours,
de cette tribu de femmes qui depuis seize ans m’accompagnent.

Comme moi, elles ont fait leur chemin depuis toutes ces années,
elles se sont transformées,
ont habité autrement l’espace à la fois étriqué et sans limites qui est le leur.

Femmes,
dans un premier temps presque asexuées,
elles se sont épanouies dans la couleur qui leur tenait lieu de paysage et
d’air à respirer.
Il m’a fallu plusieurs années pour accepter l’idée qu’elles pouvaient me ressembler,
et qu’inévitablement, elles suivaient mon trajet.


Ainsi elles ont grandi, se sont épanouies, féminisées.

Parfois se sont armées de ces piques d’Amazones
qui disent ce que les femmes,
pour pouvoir simplement vivre,
doivent sans cesse inventer.

Malgré cela, elles ont poussé bien au-delà de moi.

Si elles ont, au fil de ces années, suscité tant d’écho chez d’autres femmes,
c’est peut-être que jamais elles n’ont imité les modèles
qui nous sont imposés.


Je n’ai jamais cherché à dire (sinon ce qu’une carte postale doit dire)
au travers de ces femmes,
jamais revendiqué, jamais crié.
C’est un aveu, elles n’étaient pas là pour ça.

Pourtant, en rejoignant une à une la petite communauté qui peuple
mes cartons à dessins, elles se sont emparées de ce qui gronde en moi,
d’une conscience vive,
et, ensemble, se sont affirmées.

Elles disent sans mots ce qu’est une femme,
et son droit, ici, à exister.
Sans peur, sans être abimée, minimisée, abusée, dominée, utilisée,
écrasée par ceux qui la craignent et l’aiment à la fois.


Parées, colorées, légères oui, mais jamais frivoles,
elles disent que beauté, profondeur et gravité peuvent s’unir pour parler.



Les quatre premiers visuels ont été édités par Correspondances entre 2001 et 2009, les deux derniers par Aquarupella, en 2017.



Un souffle

Tenter de direPosté par gaëlle boissonnard 17 avril, 2017 14:31:33
Il y a ce texte,
écrit sur ce blog le 10 décembre 2015.

Il est pour moi plus que jamais d'actualité.



Envie, donc, de le partager à nouveau.

8 mars

Tenter de direPosté par gaëlle boissonnard 08 mars, 2017 17:35:42
Et si on inventait la journée des droits du kiwi?



Il serait content,
content qu'on pense un peu à lui,
à ses droits de kiwi.

Les 364 jours restants, ses droits, il pourrait s'asseoir dessus,
ça lui ferait un nid.

Et si les droits des femmes,
de par le monde,
de par ici,
comme ceux des hommes,
des enfants, des kiwis,
on y pensait aussi demain, après-demain,
tout autant qu'aujourd'hui?



(Image réalisée pour l'association Kiwi organisation)


Partage

Tenter de direPosté par gaëlle boissonnard 18 févr., 2016 18:24:21
Deux tout petits livres,
essentiels,
qui, de manière complémentaire,
ont été conçus pour nous ouvrir les yeux.

Ouvrons nos yeux,
nos mains,
nos cœurs.

Apprenons.

Eux, c'est nous
. Un livre réalisé et coédité par plus de 40 éditeurs jeunesse réunis pour l'occasion.
Les revenus issus de la vente de ce livre sont intégralement versés à La Cimade.

Bienvenue à Calais. Les raisons de la colère. Livre édité par Actes Sud dont les bénéfices et droits d'auteur sont reversés à l'association L'auberge des migrants.


Envie enfin de partager aussi ceci: http://www.baobabcreation.fr/leblog

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Tenter de direPosté par gaëlle boissonnard 20 janv., 2016 12:56:42

Pour vous.

Quelques minutes et quelques mots,

quelques notes et chants d'oiseaux,

le temps d'une pause.

Pour y accéder

il vous suffit de cliquer sur l'image.




Les couleurs de nos peurs

Tenter de direPosté par gaëlle boissonnard 15 déc., 2015 11:21:04
On a eu peur,
on a peur.

La peur,
la sécurité,
semblent être devenues les principaux moteurs de notre pays,
d'un peuple.

Mais que peut-on fabriquer avec nos peurs?
C'est ma question du matin.

J'ai eu peur du bleu marine,
je ne suis pas plus rassurée aujourd'hui qu'hier,
et le bleu qui brille aujourd'hui sur une grande part de ce pays a beau être moins sombre
il nourrit hélas des élans très proches,
cultiver les peurs plutôt que de tenter de les apaiser.

Cultiver les tensions, la crainte de l'autre, de celle ou celui qui ne nous ressemble pas, qui n'agit pas comme nous, ne pense pas comme nous, ne parle pas comme nous.

Vous, moi, tous.


Voilà,
une nouvelle couleur pour la région dans laquelle je vis,
et des électeurs que j'imagine rassurés.
On leur a promis un “bouclier de sécurité” sur ce territoire,
avec “100% des gares, trains et lycées sous vidéoprotection”,
on leur a promis d'armer les policiers municipaux,
de créer une police des transports,
on leur a promis de rétablir les bourses étudiantes “au mérite”...

Le bleu doit être pur,
on ne mélange pas les bons et les méchants,
les torchons et les serviettes.

Ça se mesure le mérite?
Qu'on m'explique comment.

Envie de hurler,
mais non,
ou alors en silence.

Pourtant,
réfléchir.

Ces peurs, qui nous habitent tous,
d'une manière ou d'une autre,
nous conditionnent,
nous rendent manipulables.
On peut les laisser faire,
ou bien essayer de les mater.

Elles existeront toujours,
elles font partie de nous et sont avidement entretenues par ceux qui rêvent de pouvoir,
mais nous pouvons leur apprendre à prendre moins de place.

Ainsi respirer,
marcher et sourire,
même à celle femme sale qui tend la main chaque matin,
même à celui qui écoute de la musique trop fort en pleine rue,
même au chien muselé,
regarder, sourire, accueillir.

Et puis,
puisque dans cette nouvelle région toute de bleu vêtue il n'est plus guère
question d'aides aux plus fragiles, de culture, de spectacle vivant*...
Alors inventer autrement,
résister à nos peurs bleues,
et proposer encore,
et encore,
et encore,
partout où on peut,
avec ce qu'on a dans les mains,
la poésie et la beauté.

Envie d'essayer.

Sur ce blog je râlerai encore, promis,
mais j'essayerai de partager aussi mes découvertes en matière d'émotion,
de beauté, de création, d'humanité,
de VIE.


* (Mr Wauquiez souhaiterait entre autres choses fermer les formations fantaisistes comme celles des métiers du cirque et des marionnettistes et ouvrir des formations débouchants sur de vrais jobs”)

D'autres couleurs

Tenter de direPosté par gaëlle boissonnard 10 déc., 2015 16:10:35

À quelques jours du deuxième tour des élections régionales en France, je voudrais aborder un sujet que je n’ai jamais abordé ici, du moins directement.

On a, de tous temps, et aujourd’hui encore, reproché à des artistes, comédiens, musiciens, d’exprimer leurs pensées politiques, leurs choix, leurs engagements, comme si ce n’était pas de leur ressort.

On a par ailleurs reproché à des artistes, comédiens, musiciens, de ne pas exprimer d’attachement politique, reproches qui ont par exemple longtemps accompagné Georges Brassens.

Aujourd’hui, entre les deux tours de cette élection, ne me quitte pas l’image d’une carte de France qui porte des couleurs qui me font frémir. Et la peur qui me vient est bien plus grande que celle que l’on voudrait faire germer en nous suite aux attentats de ce dernier 13 novembre.

Et je ressens le besoin de m’exprimer à ce sujet, simplement, avec ce que je suis, avec les valeurs que l’on m’a transmises, que j’ai à mon tour tenté de transmettre, à mes enfants, à mes proches, mais également, quoique l’on puisse en penser, au travers de mon travail et de ma peinture.

La politique. J’ai souvent entendu autour de moi des personnes dire n’y rien comprendre, ne pas vouloir s’y intéresser, répéter que ce sont tous des pourris, que voter ne sert à rien…

J’ai voté pour la première fois en 1988, pour François Mitterrand.
Il a fait de bons et de mauvais choix, il a été précédé et suivi par des hommes qui à leur tour ont fait de bons et de mauvais choix. J’ai pu constater au fil des années que rien n’était simple, qu’à gauche comme à droite la corruption était partout, que la soif d’argent et de pouvoir abimait tout, même les convictions les plus profondes.
J’ai pu constater également que quelques femmes et hommes, même si ce ne sont pas ceux qui font le plus parler d’eux, continuaient de travailler au service de la communauté, sans rien concéder de leur intégrité, de leur honnêteté, avec éthique et dans le plus grand respect des valeurs humanistes que jamais ils n'ont cessé de défendre.

Ils sont rares mais je veux croire qu’ils existent.

Car quoique l’on pense ou ne pense pas, la politique c’est nous, notre quotidien, notre vie, la politique est partout. La politique c’est tenter d’inventer les moyens de vivre ensemble au mieux, avec nos infinies différences. La politique sera toujours un immense chantier, car le monde change sans cesse et la communauté humaine doit s’adapter et faire évoluer ses manières de vivre au gré de ces incessantes transformations.

Depuis cette année 1988 je n’ai jamais cessé de voter, et de voter à gauche. Et même si, comme beaucoup, j’ai perdu foi en une classe politique qui a trahit mon vote et mes idéaux, même si, comme beaucoup, j’ai perdu foi en ceux qui se disent incarner les valeurs du socialisme et de la république mais qui, dans leurs actes, agissent à l’opposé, je continue de croire que seules la solidarité, la justice sociale, la fraternité, la responsabilité de chacun, l’égalité, peuvent nous permettre de vivre mieux ensemble.

Ces valeurs restent celles de la gauche, d’une gauche que l’on cherche certes, mais qui existe en chacun de ceux qui, au quotidien, continuent d’agir, de réfléchir, d’œuvrer pour un vivre ensemble qui n'est pas celui du mensonge, du mépris, du rejet, de la haine et de la peur.

Penser que l'extrême droite ou la droite devenue extrême nous mèneront à un mieux vivre je ne peux y croire, et dimanche, malgré ma foi envolée, je voterai à “gauche”.
Je vis dans une région où il est encore possible de le faire, j'espère vivre dans un pays où demain, à l'échelle nationale, il sera encore possible de le faire.

Cela dépend avant tout de nous.